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Saida Mounaime
dévoile ses richesses

"Ma richesse, notre
richesse", est le titre d'un roman publié par une ressortissante
Marocaine installée à l'étranger. Il s'agit d'une autobiographie
qui relate l'histoire d'une personne racontant son parcours du
Maroc vers la France.
Saida Mounaime c'est d'elle qu'il s'agit, retrace sa vie et celle
de ses compatriotes. Son récit est jalonné de joie, de tristesse,
de déboire et du succès. Nous l'avons rencontrée et lui avons
demandée de nous faire part de ses impressions sur l'immigration
et l'écriture.
Q : Comment est-elle née l'idée d'écrire un roman sur
l'immigration ?
R : Lorsque je suis partie en France, j'avais 10 ans. Une fois
arrivée là bas, la première chose qui m'a marquée a été les
cheminées d'où sortaient les fumés, il y'avait une tristesse dans
tout cela, on reste partagé entre la joie et l'impression acquise
avant de partir et la tristesse vécue directement lorsqu'on y
arrive. Ce fut un grand choc parce qu'on avait l'impression que le
monde occidental était beau et parfait, mais on se rend compte que
c'est l'éphémère et l'illusion.
Q : Votre roman intitulé " Ma richesse, notre richesse " de
quelle richesse s'agit-il ?
R : La richesse c'est d'abord mon enfance et tout ce que j'ai
acquis dans mon propre pays- le Maroc -dans un quartier très
populaire de Casablanca. C'est tout ce que j'ai découvert et tout
ce qui rejaillissait de chaque chose que je voyais. C'est tout
cela à la fois. La richesse que j'ai acquise est purement
affective. C'est par la suite qu'elle deviendra culturelle
lorsqu'on découvre la culture de l'Autre on la comparant avec
notre propre culture. J'ai remarqué qu'on France, la culture est
quelque chose de très importante pour les gens, c'est pour cette
raison que je me suis tournée vers la littérature et l'histoire
Marocaines, et c'est dommage qu'au Maroc le côté culturelle ne
soit pas à la portée de tous un chacun !
Q : Quel type de lecteurs ciblez-vous dans vos écrits?
R : Je m'adresse autant à la jeunesse Marocaine qu'au monde
occidental. Je veux qu'elle me connaisse et que les marocains
restés au Maroc connaissent les immigrés parce qu'on les
ridiculise souvent. Ils ne sont pas au courant de notre vécu
quotidien et ignore nos souffrances et nos efforts.
Q : En tant que femme immigrée, est ce que vous avez
regretté d'avoir quitté votre pays d'origine?
R : J'ai souffert momentanément de mon départ mais je ne l'ai pas
regretté parce que si je n'étais pas parti en France, je ne serai
pas la femme que je suis aujourd'hui. C'est la France qui m'a
faite telle que je suis maintenant.
Propos
recueillis par Mohamed Nassiri. |